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Histoire de la Lutte belge

 

Constant le Boucher

Comme indiqué sur la page "Histoire", la Belgique a joué un rôle de premier plan dans le développement de la lutte moderne. Avant "l'âge d'or" de la lutte (1890/1914), Achille MOUCHON (Gand, 1855-1900) faisait déjà des tournées avec sa baraque et son troupeau de lutteurs en Belgique, aux Pays-Bas et en France.

L'apogée commença lorsque Constant Lavaux naquit à Florennes (province de Namur) en 1877. Il était le fils d'un fermier et a travaillé dans l'agriculture jusqu'à l'age de 17 ans quand il prit le métier deboucher. Quand il avait 20 ans, il se rendit à Paris pour y exercer son métier. Dans son temps libre il luttait à chaque fois qu'il pouvait trouver une salle d'entraînement. Finalement, il s'est retrouvé dans le gymnase du célèbre lutteur Paul Pons (1864-1915), et là il a commencé sa carrière professionnelle. Constant Lavaux est mieux connu comme Constant Le Boucher, non pas parce qu'il était si violent, mais tou simplement parce que cela fut son premier emploi.  

 

"L' Age d'Or"‘de la lutte professionnelle (1890-1914) 

En 1897, l'entrepreneur italo-suisse ex-lutteur Battaglia (ensuite devenu promoteur d'événements), organise un tournoi de lutte et physique à Bruxelles, qu'il proclame "Championnat du Monde".
Ce tournoi fut le premier a revendiquer le nom d'un championnat en lutte libre et gréco-romaine lieu et eut lieu au Cirque Royal à Bruxelles du 7 août au 18, avec la participation de 118 lutteurs. Maurice Gambier de Bordeaux a remporté la victoire, tandis que Noël Rouveirolis de Sète (1864-1939), mieux connu sous le nom de Noel Le Gaulois, à cause de ses moustaches énormes) a remporté le titre d'homme le plus fort du monde. 

Lorsque Constant Lavaux arriva à Paris, la manie de lutte qui traversait l'Europe et qui avait fait de la lutte gréco-romaine le spectacle principal dans les grandes villes, était presque à son apogée. Constant Le Boucher était sur le point de devenir l'un des athlètes les plus célèbres en Europe et dans le monde, qui allait établir un record qui ne peut pas être répété dans l'histoire du sport moderne.
Théodore Vienne, un autre promoteur d'événements et directeur du Vélodrome de Roubaix, a organisé le premier Championnat National de France, qui eut lieu en plein air le 30 mai 1898. Le titre a été âprement disputé, mais finalement la jeunesse, la force et l'endurance de la jeune Belge lui ont porté la victoire sur le vétéran Felix Bernard (1857-1900) de Maubourget dans les Hautes-Pyrénées. Le belge Constant Lavaux est ainsi devenu le premier champion de France!

Lavaux n'était pas le seul lutteur belge à etre célèbre à cette époque. Parmi les autres nous retrouvons par exemple Omer Garritte, un forgeron né à La Louvière le 18 novembre de 1874. En 1898, lui et ses amis ont fondé le "Club d'Athlétisme du Centre", où les entrainements de lutte avaient lieu sur l'herbe derrière l'ancienne Salle du Bouillon. Lorsque Omer Garritte est devenu lutteur professionnel, il a choisi comme nom de famille "de Bouillon", en l'honneur du lieu où il avait perfectionné ses compétences. Il a régulièrement gagné une place sur le podium dans les tournois majeurs: en 1901, il a terminé troisième aux championnats du monde, en 1902, il a remporté la deuxième place à Londres, et il a pris la quatrième place au championnat de 1903 à Paris. En 1907, il a voyagé avec sa femme en Amérique du Sud avec un groupe de lutteurs, et à Buenos Aires, il a battu Paul Pons lors de la finale des Championnats du Monde. Il se retire du monde de la lutte en 1914 mais a continué à former de jeunes lutteurs. 

Henri Herd a entamè sa formation à la lutte dans une petite salle de la rue Pierreuse à Liège en 1901. Deux ans plus tard, il était déjà en finale des championnats annuels pour amateurs de Liège, où il a fini par perdre ... de son propre entraîneur Jules Depireux. L'année suivante, il prend part avec des centaines d'autres à un tournoi qui a duré du 24 février au 3 mars et dans lequell il a été le gagnant dans la catégorie des poids lourds. Son premier tournoi en tant que professionnel a été lors de l'exposition mondiale de Liège en 1905, utilisant le pseudonyme de Constant Le Marin, en honneur de son idole Constant Le Boucher.

 La réputation et le succès de Constant Le Marin augmentaient, et il était invité à des tournois à travers l'Europe et l'Amérique du Nord et du Sud. Il a remporté le Championnat du Monde de 1907 à Paris et à Buenos Aires en 1910. Constant le Marin se para  de la ceinture d’or d’un kilo devant un public de 35 000 spectateurs à Buenos Aires, après y avoir vaincu le Français Paul Pons (surnommé «Le Colosse», et premier Champion du Monde professionnel en 1898), et malgré l’opposition de ces autres champions que furent le Turc Kara Ahmed (dit «Le Monstre de l’Orient»), le Bulgare Nikola Petrov («Le Lion des Balkans») ou le Russe Ivan Poddoubni ("Le Champion des Champions").
Quand l'Allemagne envahit la Belgique en août 1914, il se présenta à l'armée volontairement. Il fut rapidement promu au grade de sergent. Lorsque le Corps des Autos-Canons-Mitrailleuses a été fondé, il y a été transféré, et entre 1915 et 1917 il a combattu en Russie. Henri Herd a été régulièrement cité dans les bulletins quotidiens militaires, et il a été décoré par le Roi Albert I. Lors de la bataille de Svitselniki en la Galice le 16 septembre 1916, son véhicule blindé a été détruit par des tirs autrichiens et allemands. Le tsar de Russie lui a immédiatement donné un nouveau véhicule blindé russe qui a ensuite été détruit dans une bataille à Koniouki en juillet 1917. Là Herd a reçu deux balles dans la cuisse et une autre dans un bras. Herd/Le Marin a reçu quatre fois la Croix de Saint George, la principale décoration militaire russe de la part du Tsar Nicolas II.

 

Malgré ses blessures Henri Herd reprit après la guerre son entraînement et sa carrière de lutteur. En 1921, il devint encore champion du monde à Paris en 1924 à Buenos Aires, où il s'était transféré. De retour à Liège en 1946, il y vécut paisiblement jusqu’à sa mort, en 1965. Il avait ouvert à Outre-Meuse un établissement nommé « Le Café des Lutteurs » dont le sous-sol était aménagé en salle de gymnastique où plusieurs générations de jeunes Liégeois vinrent s’initier à la lutte gréco-romaine, puis au sport-spectacle qu'est le « catch ».

 

Les Jeux Olympiques dans la première moitié du 20e siècle

Aux Jeux Olympiques d'Anvers en 1920, il y avait 10 épreuves de lutte: cinq catégories de poids en lutte libre et cinq en lutte gréco-romaine. La Finlande a remporté 12 médailles de lutte, y compris cinq médailles d'or. La Suède et les États-Unis ont pris respectivement la deuxième et la troisième place dans le classement des pays avec 6 médailles de lutte chacun. Cette compétition de lutte a eu lieu dans le Grand Hall du Zoo d'Anvers!

Dans cette période La Belgique a toujours envoyée une grande délégation aux Jeux olympiques, remportant des médailles d'argent en 1924 et en 1928.

  • 1908 LONDRES 4 lutteurs
  • 1912 STOCKHOLM 1 lutteur
  • 1920 ANTVERS 13 lutteurs
  • 1924 PARIS 16 lutteurs
  • 1928 AMSTERDAM 13 lutteurs
  • 1936 BERLIN 11 lutteurs

 

Deuxième moitiè du 20ème siècle: succès et déclin

Dans la seconde moitié du 20e siècle, la Belgique a encore régulièrement envoyé des lutteurs aux Jeux Olympiques, mais le nombre a été réduit. La dernière participation aux événements olympiques de lutte remonte à 1996 à Atlanta. La médaille de lutte la plus récente a été remporté par Jozef («Jef») Mewis du club Fulton d'Anvers et de la famille légendaire de lutteurs nommés Mewis pendant les Jeux Olympiques 1956 à Melbourne.

  • 1948 LONDRES 9 lutteurs
  • 1952 HELSINKI 9 lutteurs: August Baarendse, Lucien J. Claes, John Cools, Emile Courtois, Jozef C. De Jong, Augustus Everaerts, Jozef Mewis, Maurice Mewis, Joseph Trimpont
  • 1956 MELBOURNE 3 lutteurs: Jozef Mewis, Maurice Mewis, Omer Vercauteren
  • 1960 ROME 5 lutteurs: Jozef Mewis, Maurice Mewis, Albert Michiels, Karel Oomen, Aimé Verhoeven
  • 1964 TOKYO 3 lutteurs: Jozef Mewis, Maurice Mewis, Albert Michiels
  • 1968 MEXICO 2 lutteurs: Léon Dutz, Arthur Spaenhoven
  • 1972 MUNICH 2 lutteurs: Harry Van Landeghem, Constant Bens
  • 1976 MONTREAL 2 lutteurs: Julien Mewis,  Jacques Van Lancker
  • 1980 MOSCOU 3 lutteurs: Julien Mewis, Oscar Segers, Jacques Van Lancker
  • 1988 SEOUL 1 lutteur: Hubert Bindels
  • 1992 BARCELONE 1 lutteur: Jean-Pierre Wafflard
  • 1996 ATLANTA 1 lutteur: Jean-Pierre Wafflard
     

Tout comme un siècle plus tôt dans la lutte gréco-romaine, la Belgique a rempli également un rôle de pionnier dans la lutte féminine, le premier champion du monde étant Brigitte Weigert, une Liègeoise.

A partir des années 90, cependant, un déclin s'annonce. Le sport a perdu du terrain vis-à-vis d'autres sports dans la modernisation de l'infrastructure, l'organisation et le soutien donné aux lutteurs. De nombreux petits clubs ont fermé leurs portes, mais aussi le fameux Anvers Fulton arrête ses activités autour de l'an 2000.

 

Le 21e siècle: un nouveau départ

Heureusement à cette époque commençait l'afflux de "nouveaux Belges" des pays de l'ex-Union soviétique: Russie, Arménie, et un groupe important de la Tchétchénie et du Daghestan. Beaucoup de ces immigrants connaissent une très forte tradition de lutte, et ils s'intègrent où possible dans un club belge de lutte. Ailleurs, ils ont été le catalyseur pour la création de nouveaux clubs de lutte olympique.

Une des conséquences de cet afflux est que le niveau sportif des entraînements moyens en Belgique a considérablement augmenté, faisant en sorte que maintenant pas mal d' "anciens Belges" viennent assister à ces entraînements. Entre-temps, une proportion croissante de nos lutteurs reçoit la nationalité belge, ce qui nous donne espoir pour les résultats lors des tournois internationaux où ils pourront prendre part pour la Belgique.

 

 
Info sur internet:

Belgium & Greco-Roman Wrestling

 

  
 
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